Du lac de Constance au Königssee, un road trip royal

Les fêtes sont l'occasion d'enfiler ses plus belles tenues traditionnelles. ©Touristinfo Bad Toelz
Les fêtes sont l'occasion d'enfiler ses plus belles tenues traditionnelles. ©Touristinfo Bad Toelz
Les fêtes sont l'occasion d'enfiler ses plus belles tenues traditionnelles. ©Touristinfo Bad Toelz
Les fêtes sont l'occasion d'enfiler ses plus belles tenues traditionnelles. ©Touristinfo Bad Toelz
Il existe en Bavière une route de vacances encore relativement méconnue, la Deutsche Alpenstrasse, ou route des Alpes bavaroises. Et pourtant, quelle route ! C'est une des plus belles routes panoramiques dall. Sur près de 484 kilomètres, elle déroule un concentré de Bavière : sommets majestueux, alpages, collines douces, lacs aux eaux cristallines, villages aux maisons fleuries, villes chargées d'histoire, châteaux et abbayes…
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Parmi les points forts de la Route des alpes allemandes: la région des châteaux dont le célèbre Neuschwanstein du rois de Bavière Louis II. © Dietmar Denge
Parmi les points forts de la Route des alpes allemandes: la région des châteaux dont le célèbre Neuschwanstein du rois de Bavière Louis II. © Dietmar Denge

Ici, point question d'avaler les kilomètres à toute allure, moteur hurlant. La route se savoure par étapes, en prenant le temps de s'arrêter, de marcher, de flâner et de goûter. Un café dans un village, une pâtisserie dans une petite ville, une randonnée jusqu'à un lac, une chapelle aperçue au détour d'un virage…

L'histoire de cet itinéraire commence en 1858, avec un voyage du roi Maximilien II de Bavière. Cependant, ce n'est qu'en 1960 que les différents sites visités par le souverain, entre le lac de Constance et Berchtesgaden, furent véritablement reliés par cet itinéraire touristique.

Aujourd'hui, cet itinéraire offre l'opportunité de découvrir l'incroyable diversité des paysages bavarois. Il abrite 25 châteaux, abbayes et églises remarquables, sans oublier les innombrables petites chapelles et vieilles croix en bois qui parsèment le paysage. Quant aux villages, chacun possède ses propres traditions, fêtes et un caractère unique. En bref, c'est une invitation à ralentir… et à savourer l'art de vivre bavarois.

Lindau, la porte d'entrée

Notre voyage commence à Lindau, porte d'entrée officielle de l'itinéraire. La ville possède un atout de charme indéniable : son centre historique se situe sur une île du lac de Constance, au carrefour de quatre pays – l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse et le Liechtenstein. Cette situation lui confère d'emblée une atmosphère cosmopolite et une ambiance de vacances permanente.

À l'entrée du port, un imposant lion bavarois en grès veille sur le vieux phare, dont les origines remontent au XIIIe siècle. Une promenade sur les quais suffit pour s'imprégner de l'atmosphère. Sur la Maximilianstrasse, principale rue commerçante, puis dans les ruelles du centre historique, les charmantes façades invitent à lever les yeux.

Parmi les sites à découvrir : l'ancien hôtel de ville orné de fresques, la tour des Brigands, l'église Saint-Pierre ou la maison Cavazzan.

Après la route parcourue pour rejoindre Lindau, nous décidons toutefois de ne pas trop en faire pour cette première journée. Direction Scheidegg, dans l'Allgäu. Vingt petits kilomètres seulement… mais sept virages en épingle pour y arriver !

Scheidegg, première respiration

Avec ses jolies maisons recouvertes de bardeaux colorés, Scheidegg est une étape idéale pour prendre un premier bol d'air. Les amateurs de nature peuvent partir à pied vers les cascades ou la forêt de l'aventure. La petite ville est également connue dans toute l'Allemagne pour ses nombreuses propositions culinaires sans gluten.

Scheidegg – Füssen, l'étape royale

Nous reprenons la route en direction de Füssen. Elle passe par Oberstaufen, Bad Hindelang puis franchit l'Oberjochpass. Les virages se succèdent, mais difficile de s'en plaindre : à chaque lacet, le paysage change et offre une nouvelle vue sur les sommets.

Les montagnes sont majestueuses, les vallées verdoyantes, les villages ponctués de maisons traditionnelles aux balcons sculptés et croulant sous les fleurs. Ici, inutile de surveiller le compteur : la vitesse se réduit presque naturellement. Et nous nous arrêtons souvent. Pour un café, une pâtisserie… ou tout simplement parce qu'un panorama mérite qu'on prenne cinq minutes pour le regarder.

Et puis, soudain, au détour de la route, apparaissent des tourelles.

Neuschwanstein !

Le château féerique de Louis II de Bavière semble surgir directement d'un décor de conte. Sa visite est évidemment incontournable, tout comme celle de Hohenschwangau, le château de son père. Mais je conseille vivement de commencer par le musée des rois de Bavière. Il permet de mieux comprendre l'histoire de la dynastie, le contexte politique et la personnalité de Louis II. Après cela, on apprécie encore davantage les extravagances du roi bâtisseur.

Et, je l'avoue, il m'est difficile de rester raisonnable devant Neuschwanstein : je suis fascinée par l'histoire de Louis II et je succombe sans résistance à la magie des lieux.

Une seule précaution : réserver ses billets à l'avance. Le succès du château est à la hauteur de sa réputation.


Mais la région ne se résume pas aux châteaux. Il serait dommage de repartir sans prendre le temps de découvrir Füssen, petite ville pimpante aux façades gothiques. Le musée municipal, installé dans l'ancienne abbaye bénédictine Saint-Magne, mérite notamment la visite.

Füssen – Garmisch-Partenkirchen, pour s'élever

Un dernier regard vers Neuschwanstein — oui, encore un ! — et nous reprenons la Deutsche Alpenstrasse.

Nous traversons alors le Pfaffenwinkel, littéralement le « coin des curés », ainsi baptisé en raison de ses 159 églises et de ses nombreuses abbayes.
La route prend donc d'abord une tournure très spirituelle.

Première étape : la magnifique église de pèlerinage de Wies, puis Oberammergau, célèbre pour ses Jeux de la Passion organisés tous les dix ans et pour ses maisons aux façades abondamment peintes.


Vient ensuite l'abbaye baroque d'Ettal, dont nous ne manquons pas la brasserie. Parce que la spiritualité bavaroise sait aussi être gourmande !

Puis le paysage change à nouveau et nous prenons de la hauteur.

Nous voici à Garmisch-Partenkirchen, au pied de la Zugspitze, le plus haut sommet d'Allemagne, qui culmine à 2 962 mètres. Forcément, l'endroit attire les foules. Un train à crémaillère et des télécabines permettent de gagner confortablement le « toit de l'Allemagne ».

Petit conseil : prendre le premier train, vers 8 heures, pour éviter autant que possible la cohue.

Là-haut, la récompense est spectaculaire : le panorama embrasse quelque 400 sommets, en Allemagne mais aussi en Autriche, en Italie et en Suisse. Le prix de la montée est vite oublié devant un tel spectacle.

Attention toutefois : même lorsque la vallée suffoque sous la chaleur, le thermomètre peut afficher entre 0 et 15 °C au sommet. La doudoune n'est donc pas forcément superflue !


Garmisch-Partenkirchen – Tegernsee, au pays des lacs

Avant de poursuivre vers Tegernsee, nous faisons un détour par Mittenwald, le village des luthiers. Ses maisons peintes sont particulièrement séduisantes, et ici les fresques ne s'arrêtent pas aux façades : même le clocher de l'église s'en est paré !

Puis la route nous entraîne en Haute-Bavière, au cœur de la région des lacs alpins. Jusqu'ici, nos regards étaient surtout attirés par les montagnes. Désormais, ce sont les eaux bleues qui nous captivent.

Walchensee, Kochelsee, Sylvensteinspeicher… Les lacs se succèdent, les paysages deviennent plus paisibles. Quelques plages tranquilles invitent à la baignade et donnent surtout envie de ralentir encore un peu.


À Bad Tölz, nous faisons une pause dans la vieille ville installée au bord de l'Isar. Une promenade sur la grande place du marché, une glace — évidemment ! — et nous reprenons la route.

Notre étape suivante est le Tegernsee, magnifique lac cerné de montagnes. Nous en faisons tranquillement le tour en bateau avant de prendre de la hauteur, cette fois sur le Wallberg. La télécabine nous épargne l'essentiel de la montée et nous permet de profiter d'une petite randonnée au sommet.

Et après l'effort vient, comme souvent en Bavière, le réconfort : une bonne bière et un jarret de porc grillé, aussi succulent que démesuré, avec vue sur le lac.

Tegernsee – Chiemsee, on baguenaude

En Bavière, il n'y a pas que la bière. Les amateurs de whisky feront une halte au lac de Schliersee, à la distillerie Slyrs pour déguster le "bavarian whiskey". Mais avant de reprendre le volant, une petite randonnée s'impose!

Après les eaux bleues du Tegernsee nous retrouvons les paysages bucoliques qui font le charme de la route : prés fauchés dont nous parviennent les parfums de foin, villages aux balcons fleuris et façades peintes, petites routes qui grimpent vers un col avant de redescendre dans une autre vallée…

À Neubeuern, nous nous promenons dans le joli village dominé par un château que l'on ne peut malheureusement pas visiter.

Puis nous faisons un arrêt plus long à Aschau, le village aux quelque 400 bancs. De quoi faire des pauses lors d'une balade. Ici, tout invite à lâcher prise, comme ce parcours insolite, l'Aschauer Entschleunigungsweg, le « sentier du ralentissement ». De quoi compenser le temps passé en voiture.

Nous arrivons finalement au Chiemsee, le plus grand lac de Bavière, surnommé avec une certaine emphase « la mer bavaroise ». Il faut dire qu'avec les Alpes en toile de fond, le spectacle est grandiose.

Deux îles en font la renommée : la paisible Fraueninsel, l'île des Dames, et la royale Herreninsel, l'île des Messieurs.

Sur cette dernière, Louis II, grand admirateur de Louis XIV, a fait construire Herrenchiemsee, son étonnante réplique du château de Versailles. Le roi bavarois ne s'est pas contenté d'une vague inspiration : certaines salles rivalisent carrément avec celles de Versailles.

Dommage que les photos ne soient pas autorisées dans certaines parties du château : il y aurait pourtant de quoi montrer les fastes imaginés par Louis II !

Pour rejoindre les îles, nous embarquons à Prien. Après le faste de Herreninsel, changement complet d'ambiance sur Fraueninsel. Ici, place à une balade bucolique entre les maisons, les jardins et les ateliers de céramistes.

Et surtout, nous goûtons aux poissons fumés par les quelques pêcheurs professionnels qui exercent encore leur métier sur le lac.


Chiemsee – Berchtesgaden, on touche au but

Pour les 93 derniers kilomètres, nous avons décidé de limiter au maximum nos arrêts. Nous souhaitions consacrer plus de temps à Berchtesgaden et ses environs. Il faut plusieurs jours pour explorer les anciennes mines de sel encore en activité, les gorges de Wimbach, visiter le Kehlsteinhaus, plus connu sous le nom de « Nid d'Aigle », randonner jusqu'au sommet du Jenner, traverser en bateau le légendaire lac Königssee pour rejoindre la petite église de pèlerinage Saint-Barthélemy, et trouver le plus beau point de vue sur le majestueux Watzmann.

L'itinéraire des Alpes allemandes peut se parcourir sans problème en 5 à 7 jours, même en étant pressé. La diversité des paysages et la multitude d'activités (visites, promenades, randonnées et sports nautiques) rendent la chose encore plus intéressante : il serait dommage de ne pas prendre son temps pour profiter pleinement des différentes étapes.

Infos pratiques

Route alpine allemande
https://www.deutsche-alpenstrasse.de/en/home

Sur le site, l'itinéraire détaillé, les points forts à ne pas manquer, des propositions d'hébergements, des brochures à télécharger, des suggestions d'étapes sur 7 nuits.

L'itinéraire

  • L'itinéraire est divisé en neuf tronçons correspondant aux régions touristiques traversées : l'Allgäu et la région du lac de Constance, en passant par des sommets montagneux et des châteaux royaux ; la région de la Zugspitze, le Tölzer Land et la zone alpine de Tegernsee-Schliersee ; et enfin, trois étapes traversant le Chiemsee-Alpenland, le Chiemgau et la région de Berchtesgaden.

  • La Route des Alpes allemandes emprunte des routes fédérales ainsi que, par endroits, des routes de montagne sinueuses où l'on peut également croiser des véhicules agricoles.

  • De nombreuses bornes de recharge pour voitures électriques sont disponibles auprès des hôtels et des sites touristiques.

Option sportive

  • Tracée un peu plus au nord et parallèlement à la Route des Alpes allemandes, la piste cyclable du lac de Constance au Königssee (455 kilomètres) emprunte des chemins agricoles goudronnés et des routes peu fréquentées à travers les Préalpes. Au total, l'itinéraire présente un dénivelé positif d'un peu moins de 4 000 mètres. En raison des dénivelés importants — tant en montée qu'en descente — sur certains tronçons, ce parcours s'adresse avant tout aux cyclistes sportifs.

Hébergements